On m’avait parlé de ce restaurant « où, vois-tu, me disait-on, le garçon inscrit la commande sur la nappe en papier et fait l’addition avec son stylo à la fin du repas. » Je pensais que c’était une légende, ou une pratique d’un autre temps. Puis on m’a amené chez Chartier. Bouillon-Chartier. Une brasserie qui vous plonge dans le Paris des années 1900. Il semble que rien n’ait changé depuis l’époque où les calèches faisaient vibrer le pavé des grands boulevards parisiens. Plafond qui culmine à des hauteurs stratosphérique, serveurs en chemise blanche et tablier noir, carte sans chichi, et, comme promis, la prise de la commande (et l’addition) notées en écritures presque hiéroglyphique sur la nappe en papier. Comme promis, une expérience étonnante, loin de la gastronomie moléculaire ou de ce qui fut la « nouvelle cuisine ». Car si vous recherchez des saveurs de poivre rose et de menthe fraiche, passez votre chemin. Ici c’est (suivant arrivages) terrine de campagne, frisée aux lardons, tête de veau sauce gribiche, andouillette grillée, quenelle de brochet. Et d’autres trésors à la française encore et encore. Bouillon-Chartier, on aime ou on déteste. Moi j’ai aimé.



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