Quoi de plus triste qu’un café fermé?

 On y entendrait encore, si on prenait le temps de tendre l’oreille, les rires et les discutions endiablées des consommateurs, on humerait encore, si notre nez était toujours affuté, on percevrait encore ce doux parfum de bière, de fumée de Gauloise, de sueur aussi, celle du prolo qui vient étancher sa soif. Je me souviens gamin de ces bistrots où je suivais parfois mon père. Je me souviens de ces bretzels que je picorais du bout des lèvres et de ces histoires drôles auxquelles tout le monde riait et que moi je ne comprenais pas. Un premier traumatisme, celui d’être exclus d’un cercle fermé de connaisseurs.  Aujourd’hui ces cafés sont fermés à leur tour, il reste les salons de thé, les Hollywood Café, les Starbucks coffee, mais plus rien des Café de la mine, Café de la Source, ou de celui du Pauvre diable. On vit une époque formidable. Mais il y a a toujours des blagues que je ne comprends pas. Ou du moins qui ne me font pas rire.

Laisser un commentaire