A chaque chose malheur est bon. Si le mouvement coopératif viticole a pris son essor au début du XXe siècle c’est dans la foulée de la crise qui touchait le vin, le pinard, la bibine à la fin du second empire. La cause de la crise : une surproduction française et mondiale. Après le phylloxera on a planté des cépages immunisés et surtout très productifs. La qualité n’étant pas la chose la plus importante. De l’offre supérieure à la demande, on connait le processus depuis que le monde est capitaliste : les prix plongent. Les viticulteurs sont face à des négociants qui veulent bien acheter les stocks de vin qui s’accumulent, mais a des prix très bas. La profession jusqu’alors disparate se mobilise et les premières structures coopératives, nées dans le mouvement syndical et de la loi sur les associations, se créent. Tous ensemble, tous ensemble, l’esprit associatif impulsé par le syndicalisme. Et voilà comment les petits s’associent et font face aux négociants parisiens. Le vin étant considéré, comme on le sait, un aliment énergétique, « la plus saine et la plus hygiénique des boissons », la clientèle ouvrière du Nord et de l’Est de la France seront les premiers clients contactés par les coopérateurs du Languedoc Roussillon. Des ouvriers mineurs et métallurgistes seront séduits par la démarche de leurs collègues ouvriers de la terre. Cent ans plus tard, les coopératives ont assumé, absorbé, digéré, plusieurs révolutions techniques et commerciales, mais vinifient toujours dans les Pyrénées-Orientales les vins parmi les plus réputés du marché.


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