L’art est dans la rue

A une époque, peut-être encore aujourd’hui, les visiteurs du musée d’Art moderne de Céret se voyaient badgés avec un petit autocollant de couleur. Un signe qui leur permettait de sortir du lieu, mettre leurs pas dans ceux de Picasso ou Soutine, aller prendre un verre au Pablo ou une glace au Café de France et revenir en fin de journée se plonger derechef à la fraîche dans les collections du site. Mais une fois la visite terminée, que faire de ce carré d’art devenu obsolète ? Deux écoles. Ceux qui conservent précieusement le souvenir de leur séjour dans la plus belle sous-préfecture de France (si, si…) et ceux qui préfèrent marquer leur passage au grand jour. C’est ainsi qu’un peu partout on retrouve des amoncellements de carrés colorés sur le mobilier urbain de la ville. Deux écoles encore, les grincheux qui estiment que c’est laid et que c’est une dégradation du bien commun et ceux qui s’extasient devant cette appropriation de la ville par tout à chacun. On réinvente en quelque sorte le concept du « support surface ». Choisis ton camp camarade. Et souviens toi que dans la vie il y a ceux qui regardent et ceux qui font. Le problème vient toujours de ceux qui regardent.

Carrés sur boule

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