J’évoquais l’autre jour la dernière maison, quelque peu humide, de Diaghilev à Venise. Je me suis souvenu alors qu’il avait été le chantre, le pygmalion, et l’amant aussi, de Nijinski. J’ai alors voulu voir à quoi ressemblait la tombe du « Clown de Dieu ». Rien de morbide, juste de la curiosité artistique. Chance, elle est à Paris au cimetière Montmartre. On la trouve à deux pas de celle de Dalida, la diva habitait non loin de là. Il s’agit d’une simple petite pierre tombale mais surmontée d’une petite sculpture, une statue représentant le plus connu danseur des Ballets Russes. Oleg Abaziev, le sculpteur russe lui aussi, à qui on a commandé l’œuvre, a immortalisé un Nijinski, mélancolique à souhait dans un de ses costumes de scène, le célèbre ballet Petrouchka. Je ne sais pas si cet acte artistique en trois dimensions est le parfait reflet de l’art virevoltant de Nijinski. Surement pas. Mais comment graver dans le marbre, dans la pierre, l’art émotionnel d’une chorégraphie qui ne connaît pas la pesanteur des corps et des âmes. C’est simple, c’est impossible. Laissons seulement les souvenirs de la beauté dans nos propres mémoires. Pour revenir à Dalida, son effigie rayonnante est, elle, bien plus en phase avec son image. C’est là la richesse de l’art. L’art funéraire est bien vivant et à l’image de la culture et de l’Histoire.



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