La poésie des cartes routières

Préparer un voyage commence par une mise en bouche faite de cartes et de guides. Le craquement de la carte routière que l’on déplie et que l’on replie est une musique poétique que jamais la voix impersonnelle d’un GPS ne pourra vous offrir. Avec la carte, pliée dans tous les sens, on peut immédiatement comprendre les distances, imaginer le relief, surplomber le territoire. Et ses mystères. Si vous aventurez votre quête voyageuse dans des pays étrangers, votre regard sera capté par les noms des villes aux consonances nouvelles. Vous entendez l’accent, vous vibrez à la musique locale et savourez les parfums de suaves odeurs de la gastronomie du pays. Vous êtes déjà loin. Gamin déjà, j’aimais les atlas et les globes terrestres. J’aimais me balader virtuellement, tel Gulliver, d’îles en îles et j’apprenais les noms des villes inconnues. Kuala Lumpur, Saint Louis du Sénégal, Oulan-Bator ou le lac Titicaca. Je traversais l’Oural, d’un pas d’un seul, et j’étais conquérant sur le pôle au milieu des Lapons. Parfois j’écoutais aussi sur le vieux poste du grand père Radio Tirana. Et le voyage devenait grandiose.

Et puis j’ai eu un GPS.

J’ai cessé de rêver, mais j’arrivais toujours à la bonne adresse, à la bonne heure et sans crainte d’être surpris par un radar.

Bref, je me suis emmerdé.

Se perdre, c’est aussi voyager

Laisser un commentaire