Je suis allé au musée Guggenheim de Bilbao pour son architecture. Le travail, la vision, le style Gehry m’ont toujours plus, votre même fasciné. Pour un photographe il est toujours agréable de tenter le captage, la captation des reflets de la carapace du lieu. Un jeu de lumière, un jeu de dupe. J’étais venu pour le dehors, c’est le dedans qui m’a happé. Au sens propre. Je fus avalé, dévoré, englouti et digéré par l’installation toroïdale monumentale de l’artiste Richard Serra. Le terme « monumental » ici n’est pas galvaudé. Il s’agit de plaques d’acier auto patiné -dit aussi « corten »-, des feuilles d’acier qui s’enroulent sur elles-mêmes en ellipse doubles, laissant juste, ici et là, une fente, une porte plus étroite que basse pour que le visiteur puisse pénétrer à l’intérieur de la matrice. Une invitation impossible à refuser. Il est trop tard. Là il sera alors guidé par son instinct. Il se perdra dans l’étroit couloir qui se referme sur ses pas. Le titre de l’œuvre Torsion elliptique résume en lui-même l’effet (fou) que ça fait. Il se sentira finalement léger au milieu du poids considérable des panneaux qui dansent dans l’espace. Il se sentira protégé. Mais si fragile. Il c’est moi. Vous l’aviez compris. « J’étais venu pour le dehors, c’est le dedans qui m’a magnétisé ».



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