Des trucs bizarres, des idées à la noix, des concepts étonnants, j’en ai vu. Souvent je les ai aimés avant qu’elles ne deviennent populaires. Puis, bien entendu, je les ai détestées au moment même où ces choses devenaient à la mode.
Sauf que là je ne sais pas, je ne sais plus s’il faut crier au génie ou au foutage de gueule. Il est vrai que la frontière entre les deux est parfois ténue. Place Sainte-Catherine à Paris, le petit bar où je me pose pour prendre un café et meublé de sièges et de tables hétéroclites. Le mot est faible. Du mobilier sorti tout droit de chez Emmaüs, de la déchèterie du coin et du dépôt d’encombrants du quartier. En vrac, des chaises en formica, des tables du même acabit, des bureaux d’écoliers époque Sadi Carnot, des fauteuils clubs au cuir avachi. Alors oui, si tout avait été aligné, restauré, nettoyé, savamment agencé, alors oui, j’aurais surement été extasié. Mais là, l’ensemble proposé à mon regard perplexe est garanti « dans son jus », avec même encore, çà et là, des stigmates de sauce renversée ou des restes d’encre bleu séchée pour l’éternité autour des orifices ayant accueilli au siècle dernier des encriers de porcelaine. J’allais oublier les couverts, car ici ou mange, ils sont de la même origine, et ont trouvé refuge dans des anciennes boites de conserves juste à peine un peu rouillées, comme si c’était fait exprès.



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