Le Chinchilla de Venise

Lors d’un séjour à Venise, j’ai laissé mes pas me conduire au cimetière de San Michele. Le lieu est original, étrange, tellurique, hors du temps et surtout peuplée de nombreux habitants horizontaux. C’est ici que l’on appréhende le mieux le coté éternellement cosmopolite de la ville. J’ai toujours eu un faible pour l’histoire des Ballets Russes, et ce n’est certainement pas dû au hasard que je suis tombé sur la tombe de Serge Diaghilev. Le pauvre homme avait une peur bleue de l’eau, une diseuse de bonne aventure lui avait prédit qu’un jour il mourrait dans un naufrage. Il ne prenait donc jamais le bateau, quitte a laisser les lumières des Amériques luire sans lui. Mais la cartomancienne évoquait certainement un naufrage bien plus symbolique. Celui-ci se concrétise donc ici dans cette île. Le point final de sa chorégraphie de vie. Le plus étonnant est de découvrir des chaussons de danse, usés jusqu’à la corde, qui jonchent sa pierre tombale. Souvenirs surannés de danseuses d’un autre temps qui se sont égarées elles aussi, un jour, devant le souvenir de l’amant torturé de Nijinsky.

On surnommait Diaghilev le chinchilla rapport a sa mèche blanche dans les cheveux ébène. D’où le titre, énigmatique a souhait du post.

Ballets russes et Cité des Doges

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