Enfer mécanique

Il y a des mystères qui, chez moi, sont insondables. Je ne parle pas de l’univers féminin ou de haute finance, cela nous prendrait trop de temps, mais d’un tas d’autres domaines pour lesquels je suis totalement profane. Exemple : la mécanique. Ne le répétez pas, mais je ne sais même pas où se trouve la batterie de ma voiture. J’ai bien tenté de regarder sous le capot, mais rien qui ne ressemble à cette boite cubique pleine de courant avec bouton rouge et bouton bleu ne m’est apparu. Je sais bien que c’est une voiture anglaise, mais elle doit quand même posséder une batterie que diable. Alors vous pensez que quand j’ai eu l’occasion de rencontrer au cours d’un reportage des fans des locomotives à vapeur, des hommes au visage maculé de gras, des conducteurs qui manipulaient tous ces instruments avec la délicatesse que l’on imagine, j’ai été instantanément sous le charme des biellettes, des manettes, des robinets et des loquets en tout genre. Un univers infiniment poétique avec une bonne odeur de graisse et de charbon de bois qui se consume pour faire monter la pression. J’aurai aimé alors être le roi de ce miracle mécanique fait de cuivre et de fonte, mélange de puissance brute et d’amour bouillant. Mais la belle elle n’a pas voulu de moi. Je suis retourné dans ma voiture anglaise. Tout à coup la petite anglaise n’avait que la saveur du thé. Pour me consoler, j’ai pensé que c’était celui que l’on déguste dans le Trans Sibérien entre Oulan Bator et Vladivostok en espérant ne pas attraper dans son œil ces flocons incandescents nommés escarbilles. Je glissais d’un voyage dans un autre voyage. J’ai glissé chef…

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