J’ai eu le plaisir de passer de bon matin devant le plus vieux manège de Paris qui tourne depuis plus d’un siècle au Jardin du Luxembourg. Il était encore fermé, et en m’asseyant sur une des chaises typiques du lieu je contemplais la lourde bâche qui protégeait nuitamment le carrousel. Puis soudain, comme par magie, le plateau se mis à tourner. Lentement un homme, le propriétaire du vénérable manège, avait mis un mystérieux mécanisme en route. Et c’est là que s’accomplit un mini miracle. Lentement la bâche levait un de ses coins et, tout aussi lentement, les chevaux se dévoilèrent les uns après les autres. Juste le temps de faire quelques images furtives, et tout le voile fut levé. Une autre magie, celle de la nostalgie, a pris place dans le jardin. Avec mon esprit un peu tordu parfois (ah bon, tu crois ?) je me suis demandé pourquoi, ici comme ailleurs, les chevaux tournent toujours dans le même sens, celui que les spécialistes appellent sinistrocentrique, bref à l’inverse des aiguilles d’une montre. C’est un vieux forain qui m’a glissé la réponse, « C’est pour que les gamins puissent faire plus facilement des signes à leurs parents de leur main droite ». A quand des manèges pour gauchers ?









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