La semaine sainte s’est imperturbablement déroulée en Roussillon comme depuis des siècles. J’étais ce vendredi soir à Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales) pour la procession nocturne de la Sanch. Juste avant de revêtir sa tenue cérémonielle dans le local dédié, un pénitent que je connais dans la vie « profane » me confiait qu’il participait activement à cette procession nocturne depuis 1973. Aujourd’hui encore ce rituel le transportait dans un monde intérieur très fort. Rien de mystique pourtant, ce n’est pas le genre de mon ami. Sous l’anonymat de la caparuxte, cette cagoule noire et pointue qui pourrait paraitre lugubre, les pénitents portant la croix, les groupes statuaires représentant les scènes de la Passion, les reliques processionnaires, soufrent seuls face à eux-mêmes. La foule, mi respectueuse, mi voyeur, se contente elle de filmer le cortège téléphone à bout de bras.









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