On dit que le carnaval est une période de rupture des conventions, que pendant un laps de temps bien défini, le roi devient gueux et le pire des malfrats prend la place du souverain sur son trône doré. On dit que tout est renversé, et que la liberté est offerte à tous (et toutes bien entendu). Alors ce trop-plein annuel d’affranchissement collectif amène parfois à des débordements d’enthousiasme et de débauche en toute impunité momentanée. A Limoux, rien de tout cela, ce carnaval traditionnel, qui tire ses origines dans la nuit des temps, est un plus pur moment de poésie, de calme et, oserais-je le dire, d’amour. Tout est bien réglé, ritualisé, ordonné, précis. Les chorographies lunaires des fécos et leurs carabènes se déploient sous les arcades de la place de la République dans un moment de grâce suspendu. Les spectateurs sous le charme auront aussi un penchant pour l’autre star de la ville, la blanquette qui coule à flot dans les bars et sur la place. Ici en terre audoises, le retournement, la révolution, mais aussi l’autodafé du roi le dernier jour des festivités se consomme tout en douceur, avec panache. On a beaucoup à apprendre de Limoux.














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