Pas un film des années trente, quarante, même cinquante, sans que l’on voit dans un bistrot, placardé sur une affiche, un mur, ou sur la bâche d’un camion une publicité pour cet apéritif à base de vin le célébrissime Byrrh. La mixture apéritive, dite “boisson hygiénique”, qui se vendait à l’origine dans les pharmacies un peu comme un médicament, est née en 1866 grâce au génie des deux frères Violet. Ces enfants de muletier, devenus marchands ambulants, dotés d’une bosse du commerce d’un fort beau gabarit, ont mis au point la recette pour donner au breuvage ce goût si caractéristique. On y trouve du boisé, avec une pointe de quinquina et d’écorce d’orange, ne m’en demandez pas plus, la recette est toujours secrète. On peut toujours visiter le site Byrrh à Thuir, son architecture industrielle typique du début du siècle avec ses charpentes du style Eiffel et découvrir les alignements de foudres, ces tonneaux équivalents à plusieurs dizaines de barriques, à perte de vue. Et bien entendu la pièce maîtresse des établissements : la plus grande cuve en chêne du monde, avec une contenance d’un million de litres. Respect. Alors j’entends jusqu’ici la question : d’où vient ce nom si bizarre de Byrrh ? Les frères Violet étaient au départ marchands de vin et de tissu. La légende dit qu’un soir, au moment où il fallait trouver le nom commercial de l’apéritif, ils regardent les rouleaux de tissu qu’ils ont en magasin, les lettres des références sont alignées et forment le mot B-Y-R-R-H, c’était fait. Dire qu’aujourd’hui il faut mobiliser des équipes de créatifs d’agences internationales et aligner les chèques avec des zéros à n’en plus finir pour déterminer le nom d’un produit. Cherchez les petits bars qui ont encore sur leurs étagères la bouteille thuirinoise, et goûtez-y, vous ne serez pas déçu. Je vous en remets un pour la route ?





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