De prime abord l’édifice est mastoc, compact, bien planté sur ses fondations, comme une bonne vieille église de montagne avec des murs de schiste et quelques maigres ouvertures sur sa façade presque cubique. Le prieuré de Serrabone a abrité au départ un collège de chanoines, ceux qui suivaient la Règle de Saint-Augustin. Devoir, effort, sacrifice étaient les mots directeurs des bâtisseurs du lieu. On n’était pas là pour rigoler, c’est pourquoi le lieu a été nommé à une époque : Le Monastère de l’apocalypse. Dès l’entrée vous voilà dans une sorte de cloître : la galerie d’origine, datant du XIIe. Paysages et chapiteaux se disputent votre attention. L’environnement ? Garrigue et forêt méditerranéenne. C’est de l’aride, du sauvage, c’est beau, mais pauvre. Les chapiteaux ? Un bestiaire fantastique unique en Europe en ce qui concerne l’art roman. Taillés dans le marbre du Roussillon, vous êtes face à des lions toutes griffes et dents dehors, des singes, des aigles et d’autres monstres terrifiants venus d’on ne sait quelles contrées. L’intérieur du prieuré est sobre. Ici, pas de flamboyance, pas de kitch, tout est zen, dépouillé et propice à la méditation. Tribune en marbre rose, arcs d’ogives, archivoltes, encore des colonnes, des piliers et de la pierre, de la bonne pierre taillée par les artisans et les compagnons de l’an mil.








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