Je suis là dans un chaos insondable. Au sens propre. Des pierres dans tous les sens, des amas de roches et de cailloux avec parfois des arbrisseaux tentant de se frayer un passage vers le ciel en suçotant entre deux anfractuosités un peu d’humus et de substances vitales. Combat singulier, désespéré, celui de la vie. Ici, aucun ordre, aucun agencement, rien que de l’aléatoire, du vrac, de l’incertain à grande échelle. Puis soudain, au détour d’un bosquet, il m’est apparu. L’éléphanteau est immobile dans la roche. Sa trompe est évasée, son œil petit est malicieux, son regard est acéré. Le sourire du pachyderme est noyé dans la pierre, figé à jamais dans dans le paysage minéral. Heureusement il est visible par ceux qui savent voir et peuvent ainsi lui donner vie. Ces visions patinées par les siècles, s’offrent au hasard des flâneries du promeneur qui croise ici et là des symboles venus du fond de son imagination. La surprise et la beauté est toujours dans le regard de l’observateur. Le plaisir des découvertes ne s’offre qu’aux esprits préparés, prêts à dénicher les fugitifs secrets des paysages. Le voyage est toujours enrichissant.







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