Injonction festive

Les périodes de fête portent en elles une belle dose de mélancolie. Celle de devoir faire semblant de festoyer sans ses proches disparus, celle de souvenirs urticants, du constat que tout revient toujours au même moment, avec la régularité d’un métronome zélé. Dans ce catalogue, Noël est le plus bel exemple. En visitant un village de Noël grandiose, je fus admiratif devant le travail de ses concepteurs, les moyens concentrés pour créer une atmosphère de fête à grand coup de guirlandes lumineuses, de musiques de circonstance, de profusion de lutins, mascottes, échassiers, stands de vins chauds, de frites et de burgers. Admiratif, oui mais pas vraiment transporté par cette injonction à être heureux. Par contre, je le fus devant la représentation d’une crèche grandeur nature. Une image millénaire sans esbroufe dans une simplicité toute nue. En total contraste avec le rutilant royaume du Barbu en rouge. Aurais-je perdu mon âme d’enfance ?

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