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Saint Ferréol le Cérétan

Lieu chéri des Cérétans, l’ermitage de Saint-Ferréol se situe à quelques kilomètres de la sous-préfecture dans un site protégé de verdure, bien loin de la folie des hommes. La chapelle date du XIIIe siècle, avec les diverses restaurations qui ont été assurées au fil des siècles, le lieu est toujours très pimpant et propice à la
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L’esprit des vignes

On connaissait les esprits du vin, ceux qui s’échappent juste au moment fatidique de la séparation du bouchon et de la bouteille. Le fameux « plob ». J’ai trouvé quant à moi les autres esprits, ceux qui veillent à l’arrivée des feuilles et des grappes de raisin. Il faut pour les rencontrer s’abandonner au milieu de vieilles
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Hier encore, demain sûrement

Traditionnellement février est la période du carnaval. Une parenthèse débridée qui permet au fou de devenir roi, au roi de se vautrer dans la fange et au peuple de se croire le patron. Je vous rassure, à l’arrivée le faux roi est brulé en place publique et tout redevient comme avant. Ouf. Février c’est aussi
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Enfer mécanique

Il y a des mystères qui, chez moi, sont insondables. Je ne parle pas de l’univers féminin ou de haute finance, cela nous prendrait trop de temps, mais d’un tas d’autres domaines pour lesquels je suis totalement profane. Exemple : la mécanique. Ne le répétez pas, mais je ne sais même pas où se trouve la
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Il y a quelque chose Kyklos

La Mission Racine, avait pour objectif de donner aux consommateurs des années soixante, soixante-dix un grand terrain de jeu pour leurs vacances. Georges Candilis a été chargé de faire sortir de terre l’Unité touristique Port Barcarès et Port Leucate. Exemple typique du style Candilis, imaginé par le cabinet d’architectes Garcia-Zavagno, le Kyklos en front de
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Venons-en aux mains

Notre visage parle de nous, tout comme notre voix. Mais on oublie souvent que nos mains peuvent aussi dire bien de chose sur notre être, notre profession, notre passé. En tout cas avant que l’usage des gants de protection ne vienne standardiser les épidermes. Je ne parle pas des mains onctueuses des prêtres, de celles
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Poussez le bouchon

Il y aurait, parait-il, deux collines à Lyon. Celle qui prie (Fourvière) et celle qui travaille (la Croix-Rousse). Il y aurait aussi trois fleuves, le Rhône, la Saône et le Beaujolais. Il y a surtout la culture de la restauration. Les « mères lyonnaises » ont fait la réputation des bouchons où à l’époque on venait aussi
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Casanova et ses dogaresses lubriques

Venise explique pour moi la métaphore de l’existence humaine, et pourquoi pas, celle de la civilisation. C’est un mélange savamment orchestré d’une beauté hors du commun côtoyant sans vergogne la pourriture des canaux oubliés. La ville combine le parfum suave des belles Vénitiennes et le remugle des arrière-cours. La vie côtoie toujours la mort, mais
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J’en connais un rayon

Amateurs de l’architecture des années vingt, poussez votre balade jusqu’à la marche de l’empire, le village de Cerbère au bout du bout du département. Après c’est Portbou, l’Espagne, le reste du monde. A Cerbère vous découvrirez un édifice peu banal, le Belvédère du Rayon vert, dont le nom invite déjà au voyage. Ce bâtiment tout
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Memento mori

Je sais, oui les corridas n’ont pas bonne presse. Oui je comprends que l’on n’aime pas ce spectacle qui se termine toujours de façon convenue. Mais, comme me le dit souvent un ami afficionado : « J’ai toujours préféré Picasso et Hemingway à Beaugrain Dubourg ». Mourir dans la lumière, l’Homme estime qu’il s’agit là d’un destin plus
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Seule au monde

Installé à la terrasse d’un café sur les Grands boulevards, je déguste un demi à 6 euros 50 (avec une poignée de cacahuètes faut être honnête) (ici le kilo de cacahuètes est le plus cher du monde). La lumière de la ville décline, le ciel est au bord des larmes, et je me laisse hypnotiser
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Je ne veux parler qu’à tes saints*

De tout temps l’Homme a voulu s’attirer les faveurs de son créateur de père. Pas votre papa chéri, mais le grand horloger qui est aussi architecte et jardinier, bâtisseur et à l’origine du Tout. Alors l’homme s’est découvert artiste, et a dessiné et sculpté des scènes religieuses, et a imaginé les visages et les attitudes
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Chianti vs whiskey

A l’âge où je devrais laisser tomber la vie active son actualité, son stress et ses surprises, il faudra bien que je me retire. Alors là, deux choix s’imposeront. Soit je vis avec mes souvenirs, mes regrets et mes remords, alors je chercherai une maison isolée au bord de l’océan, home perdu au milieu des
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Là où le temps s’égoutte

Il est des lieux où le temps n’a pas cours, des lieux où il est vain d’essayer de compter le passage des minutes et des jours. A Bruges le béguinage, témoignage de la foi mystique et religieuse, est aussi une de ces capsules temporelles défiant l’évaporation du temps des Hommes depuis le XVe siècle. L’ensemble
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L’art est partout

Est-il nécessaire d ‘avoir une toile pour faire parler son art ? Les graffeurs, les archanges du street art ont depuis longtemps prouvé que non. Pour eux le moindre mur, qu’il soit blanc ou de couleur, qu’il soit a porté de bombe de peinture ou perché au troisième étage sans accès (c’est mieux), le moindre recoin vierge,
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Rocker côté coeur

Il y a quelques années j’étais monté en Cerdagne pour « l’aplec des motards ». Une cérémonie religieuse en plein air destinée essentiellement aux tenants de la bécane. Cérémonie étonnante et bien suivie par quelques centaines de femmes et d’hommes en blouson de cuir arborant des patchs de couleurs toutes différentes. Le prêtre lui-même à un moment
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Peurs primales

Quand je me retrouve dans une fête foraine, je pense toujours au film d’Hitchcock « L’Inconnu du Nord-Express » et cette femme aux airs un peu cruche (les lunettes vintage y sont pour beaucoup) qui se fait trucider sur l’île aux amoureux. Il y a aussi cette scène finale sur le manège aux chevaux de bois dont
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Le Chinchilla de Venise

Lors d’un séjour à Venise, j’ai laissé mes pas me conduire au cimetière de San Michele. Le lieu est original, étrange, tellurique, hors du temps et surtout peuplée de nombreux habitants horizontaux. C’est ici que l’on appréhende le mieux le coté éternellement cosmopolite de la ville. J’ai toujours eu un faible pour l’histoire des Ballets
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Entrez dans l’intimité créatrice

Elle a les yeux qui pétillent éternellement. Dans son mas catalan d’un autre siècle, perdu dans les contreforts du Vallespir, Pat travaille depuis des dizaines d’années. Elle malaxe, pétrit, façonne et donne à la glaise des formes brutes et sensuelles. Son atelier est installé dans un grenier immense, accessible par une simple échelle bringuebalante qu’elle
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Les parfums du bitume après l’orage

Se laisser mener par le bout du nez. Tout ce que je déteste. Être libre c’est ne pas prendre du plaisir à se laisser mener « par le bout du nez ». Et pourtant cet organe mystérieux, le nez, est un salopiau qui nous joue des tours au moment où on s’y attend le moins. Au détour
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Gardiens de la route

Elles deviennent rares, ce qui les rend encore plus intéressantes. Ces bornes en bonne pierre de taille ou en granit fleurissaient le bord des routes de campagne. Puis peu à peu pour des raisons de sécurité (c’est toujours une bonne excuse pour éradiquer les choses) ces belles et fidèles amies des voyageurs perdus, ont été
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Café mutualiste

Au hasard d’une balade dominicale, mais guidé quand même par une amie qui savait où elle m’emmenait, je suis tombé sur ce café resto des plus étonnants. Mon amie m’a fait promettre de ne pas en divulguer le lieu afin de le conserver rien que pour nous et pour les habitués, et le préserver des
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Art de la table post moderne

Des trucs bizarres, des idées à la noix, des concepts étonnants, j’en ai vu. Souvent je les ai aimés avant qu’elles ne deviennent populaires. Puis, bien entendu, je les ai détestées au moment même où ces choses devenaient à la mode. Sauf que là je ne sais pas, je ne sais plus s’il faut crier
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Les méandres du labyrinthe

Je suis allé au musée Guggenheim de Bilbao pour son architecture. Le travail, la vision, le style Gehry m’ont toujours plus, votre même fasciné. Pour un photographe il est toujours agréable de tenter le captage, la captation des reflets de la carapace du lieu. Un jeu de lumière, un jeu de dupe. J’étais venu pour
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Bourdigueros

Nous sommes entre Torreilles et Sainte-Marie dans les Pyrénées-Orientales. Nous sommes dans les années soixante-dix, et sans être vraiment des hippies nous cultivons un esprit libre, un peu libertaire aussi. C’est l’époque moustache, pull rayé, tabac Amsterdamer, 4L et pattes d’éléph. Nous sommes les Bourdigueros. Notre espace de liberté c’est le Bourdigou. Un site sur
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Néo brutalisme

Dans les années soixante-dix, juste après la fameuse « année érotique » dont je n’ai pas pu profiter (j’avais 12 ans) les architectes et les bâtisseurs ont lourdement utilisé les techniques du béton et de ses facilités de mise en œuvre en empilant les modules. On a parlé pour cette période de la « décennie du mauvais gout »,
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Ligne 6, un pont trop bien

Qui se souviendrait des héros de Bir-Hakeim si on n’avait pas donné le nom de cette bataille de 1942 à un pont parisien. Les anciens de la guerre du désert surement eux s’en souviendraient. Mais peu à peu ils embarquent vers l’autre rive. Heureusement, pour leurs mémoires et celles des Forces françaises libres, un pont
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La poésie des cartes routières

Préparer un voyage commence par une mise en bouche faite de cartes et de guides. Le craquement de la carte routière que l’on déplie et que l’on replie est une musique poétique que jamais la voix impersonnelle d’un GPS ne pourra vous offrir. Avec la carte, pliée dans tous les sens, on peut immédiatement comprendre
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Courbes sans angles définis

J’aime les courbes, là où il n’y a pas d’angle, pas de stop, ni de changement de direction brute. J’aime quand tout est fluide, harmonieux, sans accroc. J’aime les choses délicieusement girondes, où l’on rêve de se laisser enfuir. Dans le panthéon de la girontitude je mets les sculptures de Maillol, les tièdes moelleux au
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Il faut savoir descendre

Hier encore leurs ailes parcouraient le vaste monde, emportant avec elles les amateurs de vastes horizons. Et puis un jour ont leur a dit qu’ils étaient trop âgés, que leur confort n’intéressaient plus les voyageurs, que leurs cendriers étaient totalement anachroniques, voire arrogants et que leur appétits étaient trop insondables. Alors, gentiment on les a
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L’art est dans la rue

A une époque, peut-être encore aujourd’hui, les visiteurs du musée d’Art moderne de Céret se voyaient badgés avec un petit autocollant de couleur. Un signe qui leur permettait de sortir du lieu, mettre leurs pas dans ceux de Picasso ou Soutine, aller prendre un verre au Pablo ou une glace au Café de France et
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Nijinsky

J’évoquais l’autre jour la dernière maison, quelque peu humide, de Diaghilev à Venise. Je me suis souvenu alors qu’il avait été le chantre, le pygmalion, et l’amant aussi, de Nijinski. J’ai alors voulu voir à quoi ressemblait la tombe du « Clown de Dieu ». Rien de morbide, juste de la curiosité artistique. Chance, elle est à
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Coopérons

A chaque chose malheur est bon. Si le mouvement coopératif viticole a pris son essor au début du XXe siècle c’est dans la foulée de la crise qui touchait le vin, le pinard, la bibine à la fin du second empire. La cause de la crise : une surproduction française et mondiale. Après le phylloxera on
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Attention, c’est du brutal

Je vous ai déjà parlé de ma fascination pour ce petit territoire qu’est le Village des sables ? Il est pour moi comme un symbole de la beauté qui peut se cacher derrière des atours rugueux, austère, impénétrable. Il est vrai que si l’on ne veut voir que le béton des maisons, que l’inconfort du matériau
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Le temps nous est gare

Qu’elles imposantes comme des cathédrales élevées à la gloire du voyage, ou des plus modestes, comme une simple porte basse pointée vers l’ailleurs, les gares m’ont toujours fascinées. Jeune bidasse, tout de bleu vêtu, et sac sur l’épaule je me fondais dans la foule indifférente, vieux briscard chenu je me laissait séduire par une bière
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Qui a-t-il à l’intérieur d’une noix ?

C’est la question que se posait Trenet dans une de ses chansons. C’est vrai que le mystère des boites fermées est insondable. Il suffit que l’on nous cache quelque chose pour qu’immédiatement on veuille savoir. Bon, pour ce qui est de la noix, c’est vrai que la surprise est rarement au rendez-vous. Ou elle est
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Une certaine idée du bonheur

C’est l’opposé bien de chez nous des grands fauves du bitume. Avec des détails de fabrication qui manquent dans les dans la production auto d’aujourd’hui. Et pour s’en convaincre, il suffit de prendre place dans les sièges moelleux d’une 2 CV. Ce sera comme une invitation au voyage en toute simplicité. Minimum à bord. Loin
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Les portes de la nuit

Que serait le jour sans la nuit ? Un long, très long tunnel lumineux. Sans grand intérêt en réalité. Avec l’autre côté du miroir le côté sans teintes, la lumière prend tout son sens. Dans la nuit les ombres sont différentes, à chaque lampadaire la sienne. La musique de la ville a changé de ton, elle
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Quoi de plus triste qu’un café fermé?

On y entendrait encore, si on prenait le temps de tendre l’oreille, les rires et les discutions endiablées des consommateurs, on humerait encore, si notre nez était toujours affuté, on percevrait encore ce doux parfum de bière, de fumée de Gauloise, de sueur aussi, celle du prolo qui vient étancher sa soif. Je me souviens
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La forêt en trompe l’oeil

A l’abri des réalités du monde extérieur la forêt demeure un royaume qui mêle le calme, la sérénité et le mystère envoutant de l’inconnu. Que dis-je un royaume, un empire. Un empire botanique (tout ça pour ça, je sais je m’en excuse). Rien de tel qu’une sortie improvisée au milieu des arbres et à travers
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Mas Palegry

Quelques jours avant la vente aux enchères de la collection d’objets aéronautiques du mas Palegry, j’ai eu la chance de visiter, en compagnie d’un des propriétaires, le petit musée patiemment constitué par un fan de l’aviation. L’occasion de croiser tout ce qui a été fait de mieux pour se rapprocher du rêve d’Icare. Des maquettes,